Un constat partagé : les services d'urbanisme sont saturés
Partout en France, les services d'urbanisme des mairies font face à un afflux croissant de demandes d'autorisation. Entre les permis de construire (PC), les déclarations préalables (DP) et les permis d'aménager (PA), les agents instructeurs traitent des dizaines de dossiers chaque mois, souvent avec des effectifs réduits.
Le résultat est connu : des délais d'instruction qui s'allongent, des erreurs humaines liées à la surcharge, et une frustration partagée par les pétitionnaires comme par les agents. En moyenne, un permis de construire requiert 2 à 3 mois d'instruction, un délai que beaucoup de communes peinent à respecter.
La dématérialisation comme première étape
Depuis le 1er janvier 2022, les communes de plus de 3 500 habitants sont tenues de recevoir les demandes d'autorisation d'urbanisme par voie électronique. Cette obligation, issue de la loi ELAN, a accéléré la transition numérique des services urbanisme.
Mais la dématérialisation ne se limite pas à recevoir des PDF par email. Les collectivités les plus avancées adoptent des plateformes intégrées qui automatisent la chaîne de traitement : réception, vérification de complétude, analyse de conformité, instruction et notification.
C'est dans cette logique que s'inscrit Euclide : un outil qui va au-delà de la simple dématérialisation en apportant une intelligence d'analyse automatique basée sur le PLU de chaque commune.
L'automatisation au service des agents
L'automatisation ne vise pas à remplacer l'agent instructeur. Elle vise à le décharger des tâches répétitives et chronophages : vérifier que la hauteur ne dépasse pas le maximum autorisé, que l'emprise au sol respecte les coefficients, que le recul par rapport aux limites séparatives est conforme.
Ces vérifications, qui représentent 60 à 70 % du temps d'instruction, peuvent être réalisées en quelques secondes par un algorithme entraîné sur les règles du PLU local. L'agent peut alors se concentrer sur les aspects qualitatifs : l'insertion paysagère, l'esthétique du projet, la cohérence avec le tissu urbain existant.
Des bénéfices concrets pour les citoyens
Pour le pétitionnaire, la transformation numérique signifie une réponse plus rapide, une meilleure transparence et un suivi en temps réel de son dossier. Plus besoin de se déplacer en mairie pour savoir où en est sa demande.
Avec un score de conformité délivré en quelques minutes, le citoyen sait immédiatement si son projet respecte les règles d'urbanisme. En cas de non-conformité, les points à corriger sont clairement identifiés, évitant les allers-retours coûteux avec le service instructeur.
Vers une collectivité augmentée
La transformation numérique des services d'urbanisme n'est qu'un maillon d'une évolution plus large. Les collectivités qui adoptent ces outils constatent un effet d'entraînement : les agents montent en compétence, les processus se standardisent, et la qualité de service s'améliore de manière mesurable.
À terme, la collectivité numérique est une collectivité qui utilise la technologie non pas comme une contrainte, mais comme un levier de performance et de proximité avec ses administrés.